Odyssey - Galerie photo de Mathias PFAUWADEL, Photographe Nature

2026 : Nuit magique sous les Aurores Boréales Bretonnes

22h30, l'heure du coucher... puis l'alerte tombe : Aurores Boréales ! La tempête magnétique la plus puissante depuis 20 ans.

Ni une ni deux, je fonce à la voiture. Direction la pointe de Corsen. À l'arrivée, le spectacle est magnifique. On avait déjà eu des aurores boréales par ici, mais là...

Exceptionnelles et puissantes, on distingue clairement les couleurs rouges et roses, avec une teinte de vert qui normalement est impossible à observer à nos latitudes.

L'ambiance est magique, bercée par le bruit des vagues. Les aurores ont continué une bonne partie de la nuit, bien que beaucoup moins intenses par la suite. Petit retour par le phare du Trézien et le menhir afin de compléter cette nuit inoubliable.

Printemps 2025 : Baie de Somme

Ce séjour photographique en Baie de Somme s'est déroulé en mai 2025, guidé par l'expertise de Julie Barbier (https://www.jbarbierphoto.com/), dont la connaissance approfondie du terrain s'est révélée précieuse pour maximiser les observations. La période printanière présente un double avantage : une nature en pleine effervescence reproductive et, surtout, l'absence de chasseurs. La pression cynégétique transforme souvent ces sanctuaires naturels en territoires sous tension, où l'observation pacifique de la faune devient un exercice de négociation permanent avec les pratiques de chasse qui sont une insulte au bien être animal et à la quiétude des lieux.

(https://www.youtube.com/watch?v=u0jxOvjthNI)

L'exploration s'est articulée autour de plusieurs sites remarquables : la Baie d'Authie, Berck, le Parc du Marquenterre, Holt, la Forêt de Crécy et un 'coin secret' particulièrement productif. Ce dernier s'est révélé être un véritable hotspot pour les passereaux paludicoles, avec des observations prolongées de panures à moustaches dans les roselières, ces petits acrobates au plumage fauve et à la longue queue caractéristique. Les gorgebleues à miroir, parées de leur plastron bleu électrique, offraient des spectacles matinaux saisissants.

Les limicoles étaient bien représentés avec les pluviers à collier interrompu, espèce vulnérable dont les populations françaises sont en déclin, les bécasseaux sanderlings en halte migratoire, et les élégantes échasses blanches sur leurs longues pattes roses. Les spatules blanches, avec leur bec spatulé si particulier, s'alimentaient dans les vasières en balayant l'eau latéralement.

Les observations de mammifères marins à Berck ont permis d'approcher phoques veaux-marins et phoques gris sur leurs reposoirs. En forêt de Crécy, les affûts ont révélé l'intense activité des mammifères forestiers : renards roux dans leur routine familiale, blaireaux européens sortant de leurs terriers au crépuscule, et même quelques observations furtives de chevreuils.

Le printemps en Baie de Somme offre donc cette parenthèse enchantée où la nature peut s'exprimer librement, sans la perturbation des battues et des coups de feu. Cette tranquillité permet une immersion authentique dans les rythmes naturels, où chaque aube apporte son lot de découvertes ornithologiques et chaque crépuscule révèle la vie secrète des mammifères.

Février 2024 : Costa Rica

Mon périple au Costa Rica en mars 2024 constitue l'une des expéditions photographiques les plus riches de ma carrière, une immersion totale dans l'un des derniers sanctuaires de biodiversité de notre planète. Treize étapes jalonnent cette odyssée naturaliste, de la Vallée Centrale volcanique aux plages sauvages du Pacifique, révélant un pays grand comme la Suisse mais abritant 6% de la biodiversité mondiale. Chaque lever de soleil apportait son lot de découvertes : le vol majestueux des aras macao au coucher du soleil, l'apparition furtive du quetzal resplendissant dans les brumes de Monteverde, ou encore la rencontre exceptionnelle avec un puma dans les sentiers impénétrables de Corcovado.

Cette aventure photographique révèle la complexité des écosystèmes tropicaux : depuis les cascades tumultueuses de la Vallée Centrale jusqu'aux mangroves mystérieuses de Drake Bay, en passant par les forêts de nuages de Monteverde où la vie s'épanouit dans l'humidité perpétuelle. Boca Tapada m'a offert mes plus belles rencontres ornithologiques - toucans à carène, martin-pêcheurs et une symphonie de chants tropicaux. Les eaux thermales d'Arenal ont apaisé mes muscles endoloris par les longues heures d'affût, tandis que les méandres du Río Frío à Cano Negro révélaient caïmans, paresseux et la diversité infinie des zones humides tropicales.

Le patrimoine scientifique de cette expédition dépasse mes espérances : plus de 150 espèces documentées avec précision taxonomique, des micro-organismes aux grands mammifères. Singes-araignées de Geoffroy, tapirs de Baird, grenouilles aux yeux rouges, colibris scintillants - chaque rencontre enrichit notre compréhension de cette biodiversité exceptionnelle. Les sommets de Chirripo, toit du Costa Rica, offrent un contraste saisissant avec leur climat tempéré et leurs paysages alpins tropicaux, avant que Los Quetzal ne couronne cette aventure par l'observation du plus mythique des oiseaux néotropicaux. Six cents clichés immortalisent cette célébration de la vie sauvage, captés avec la précision technique d'un Nikon Z8 et d'un téléobjectif 800mm, témoignant de l'urgence de préserver ces trésors naturels pour les générations futures.

Automne 2022 : Ouest Usa

Mon odyssée dans l'Ouest américain en septembre-octobre 2022 m'a mené à travers onze destinations emblématiques, un périple de 4 000 kilomètres qui révèle toute la diversité géologique et la richesse faunistique de cette région mythique. De Denver aux côtes californiennes, ce voyage automnal capture les paysages dans leur parure dorée, quand les trembles du Colorado rivalisent de beauté avec les geysers de Yellowstone.

L'aventure débute dans les Grandes Plaines du Colorado, où chiens de prairie et bisons évoluent sous l'horizon majestueux des Rocheuses. L'ascension vers Rocky Mountain National Park révèle un monde alpin spectaculaire : lacs turquoise, sommets enneigés et forêts de trembles embrasées par l'automne, territoire des wapitis majestueux et des marmottes alpines. La traversée du Colorado profond m'emmène ensuite vers les merveilles géologiques de l'Utah : les canyons vertigineux de Canyonlands, les arches de grès rouge d'Arches National Park, et les formations surréalistes des Badlands de Caineville.

Le clou du voyage reste Yellowstone, premier parc national au monde, où j'ai documenté l'activité géothermique exceptionnelle : geysers jaillissants, sources chaudes aux couleurs iridescentes, et une faune préservée évoluant dans ce laboratoire géologique à ciel ouvert. Grand Teton National Park offre un contraste saisissant avec ses pics acérés se reflétant dans les lacs glaciaires, avant que Point Reyes ne conclue cette épopée par la rencontre avec l'océan Pacifique et ses côtes sauvages battues par les embruns. Plus de 800 clichés immortalisent cette traversée de l'Amérique profonde, captés avec un Nikon D500 et Z6, témoignant de la grandeur intemporelle de ces terres légendaires.

Hiver 2020 : Tanzanie

Mon voyage en Tanzanie en janvier 2020 restera gravé comme une véritable épopée au cœur de l'Afrique sauvage. Ce périple a débuté par l'ascension du majestueux Kilimandjaro via la voie Lemosho, un itinéraire sauvage traversant des écosystèmes variés. Les forêts tropicales du bas des pentes nous ont offert le spectacle des Colobes guérézas et des Cercopithèques à diadème sautant d'arbre en arbre, tandis que plus haut, les Corbeaux à nuque blanche accompagnaient notre marche vers les neiges éternelles qui veillent sur la savane.

Le parc national du Tarangire m'a accueilli dans une atmosphère particulière : en ce début d'année humide, la végétation luxuriante offrait un contraste saisissant avec les troncs massifs des baobabs millénaires et les immenses troupeaux d'éléphants. Puis, l'immensité du Serengeti s'est ouverte à moi. C'est là, dans ces plaines sans fin, que se joue le drame éternel de la vie et de la mort. J'ai eu la chance d'assister à des scènes de chasse intenses et d'observer la grande migration, ce mouvement perpétuel de millions de gnous et de zèbres guidés par les pluies.

Le cratère du Ngorongoro, véritable arche de Noé naturelle, offre une densité animale incroyable où j'ai pu observer les rares rhinocéros noirs ainsi qu'une émouvante naissance de gnou. Mais c'est au lac Manyara que le fameux 'Big Five' fut définitivement complété par l'observation exceptionnelle d'un léopard perché dans un arbre. Ce parc, niché entre lac et escarpement, abrite également les célèbres lions grimpeurs et de nombreuses familles de babouins qui animent les forêts d'acacias.

Enfin, l'archipel de Zanzibar a offert une conclusion contrastée. Si les plages de sable blanc et les eaux turquoise sont paradisiaques, l'île souffre malheureusement d'une pollution marquante qui tranche avec la propreté exemplaire des parcs nationaux continentaux. Une fin de voyage douce mais teintée d'une certaine amertume face à cette réalité environnementale.

Sakura 2019 : Japan

Tout a commencé dans le tourbillon électrique de Tokyo. À peine arrivés, nous avons été happés par la démesure de la capitale : les foules synchronisées de Shibuya, les néons d'Akihabara et cette modernité qui cohabite avec le sacré. Mais très vite, nous avons cherché le calme du Grand Bouddha de Kamakura, une première respiration zen face à l'océan, comme pour bénir le début de notre route.

Le voyage a pris une tournure radicalement différente, presque hivernale, lorsque nous avons pris la route pour Kusatsu et Nikko. Le contraste fut saisissant : passer de l'effervescence urbaine aux paysages enneigés. Je revois encore ces singes aux visages écarlates se prélassant dans les sources chaudes, indifférents au froid, une scène surréaliste. Nous avons nous-mêmes goûté à la chaleur des onsens, entourés de neige, partageant ces moments hors du temps entre amis, unis par l'expérience du froid et du feu.

Nous avons ensuite mis le cap vers l'ouest, vers l'émotion d'Hiroshima et la beauté maritime de Miyajima. Face au grand Torii flottant sur la mer intérieure, nous avons contemplé le coucher de soleil, sentant le poids de l'histoire et la sérénité du présent se mélanger.

L'appel de la nature sauvage nous a alors poussés jusqu'à Yakushima. C'était une parenthèse primitive, loin de tout. Marcher sous ces cèdres millénaires, dans une forêt humide et moussue qui semble abriter les esprits de la forêt, nous a fait sentir minuscules, une véritable leçon d’humilité face à la puissance végétale. Cette magie s'est prolongée la nuit, lors d'une baignade inoubliable dans un onsen en plein air. Immergés dans l'eau brûlante sous une voûte céleste criblée d'étoiles, nous avons partagé un silence émerveillé, le regard perdu dans l'immensité de l'univers.

Le retour vers la civilisation s'est fait avec une énergie nouvelle. D'abord au château blanc d'Himeji, où nous avons immortalisé notre joie par ce saut collectif mémorable, puis dans la frénésie gourmande d'Osaka. Sous les lumières de Dotonbori, nous avons dévoré la vie (et pas mal de takoyakis), riant aux éclats dans cette ville qui ne dort jamais.

Mais avant la fin, il nous fallait toucher au sacré. Koyasan nous a ouvert ses portes. Traverser le cimetière d'Okunoin, entre les cèdres géants et les milliers de stèles moussues, fut une expérience d'un calme absolu, presque mystique, nous préparant spirituellement pour notre destination finale.

Car c'est à Kyoto que le voyage a atteint son sommet. Nous avons vu le Pavillon d'Or, les milliers de Torii de Fushimi Inari, la bambouseraie d'Arashiyama... mais rien ne pouvait nous préparer à la magie du Chemin de la Philosophie. C'est là que le temps s'est arrêté. Alors que nous marchions le long du canal, le vent s'est levé, déclenchant une pluie de pétales de sakura. Être là, avec mes nakama, sous cette neige rose tourbillonnante, dans une lumière douce et irréelle, reste le souvenir le plus pur de ce voyage. C'était l'instant parfait, celui où l'on réalise la chance inouïe d'être vivant, ici et maintenant, ensemble.